• L’entrée en EHPAD engendre des frais importants, mais de nombreuses aides peuvent alléger le reste à charge.
• Les caisses de retraite de base et complémentaires peuvent intervenir, sous conditions de ressources et de dépendance.
• Les aides varient selon le régime de retraite et ne sont pas automatiques : il faut en faire la demande.
• Les démarches sont à anticiper, et un accompagnement par un travailleur social peut faciliter l’accès aux aides.
• Il est possible de cumuler plusieurs dispositifs : aides de la caisse de retraite, allocation personnalisée d’autonomie (APA), aide personnalisée au logement (APL), aide sociale à l’hébergement (ASH), etc.
L’entrée en EHPAD (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) représente un tournant dans la vie d’une personne âgée et de sa famille, mais aussi un enjeu financier majeur. Les coûts peuvent rapidement s’élever, et de nombreuses familles s’interrogent sur les aides possibles. Parmi elles, les caisses de retraite peuvent jouer un rôle non négligeable dans la prise en charge partielle de ces frais.
Quels sont les dispositifs existants ? À quelles conditions peut-on en bénéficier ? Dans cet article, CetteFamille, entreprise de l’économie sociale et solidaire spécialisée dans les colocations seniors et l’habitat partagé, vous renseigne.
Quels sont les frais à prévoir en EHPAD ?
Séjourner en EHPAD engendre plusieurs types de frais :
- Le tarif hébergement (ou pension) : il couvre la chambre, la restauration, l’entretien, les services hôteliers (accueil, blanchisserie, animations…). Il est à la charge du résident ou de sa famille.
- Le tarif dépendance : il couvre l’aide liée à la perte d’autonomie et aux soins (aide pour se lever, se laver, s’habiller…). Il est variable selon le degré d’autonomie de la personne (évalué selon la grille AGGIR).
- Le tarif soins : ceux-ci correspondent aux soins infirmiers et actes médicaux réalisés par les équipes de l’EHPAD. Ils sont en partie pris en charge par l’Assurance Maladie et/ou la mutuelle selon les contrats.
- Les frais annexes : certains établissements proposent des services en supplément comme le téléphone, la télévision ou internet, des sorties ou activités spécifiques, des soins divers (coiffure, esthétique ou pédicure), etc.
En moyenne, en France, le coût total d’un EHPAD se situe autour de 2 000 à 3 500 € par mois (et davantage dans certaines zones). Le reste à charge pour les familles est généralement compris entre 1 500 et 2 500 € par mois, après aides, en fonction de la région, du type d’établissement (EHPAD public ou privé) et du niveau de dépendance.
Quelles sont les aides possibles via la caisse de retraite ?
Les caisses de retraite peuvent intervenir sous plusieurs formes :
- Aides financières ponctuelles ou régulières pour accompagner une entrée récente en EHPAD, alléger le coût de l’hébergement, financer des frais liés à la perte d’autonomie. Ces aides sont attribuées sous conditions de ressources et après étude du dossier.
- Aides au financement de séjours temporaires en EHPAD (notamment pour soulager un aidant familial).
- Accompagnement social personnalisé : information, soutien administratif, orientation vers les autres dispositifs existants (APA, APL, ASH), aide au montage des dossiers.
Ces aides peuvent provenir :
- De la caisse de retraite de base (comme la CNAV, la MSA ou la CARSAT),
- Ou des caisses de retraite complémentaires (comme l’AGIRC-ARRCO, la CNRACL, etc.).
À quelles conditions peut-on bénéficier de ces aides ?
Les aides accordées par les caisses de retraite sont attribuées au cas par cas et sous certaines conditions, qui peuvent varier selon la caisse concernée. En règle générale, il faut :
- Être retraité et relever de la caisse de retraite sollicitée (régime général, mutualité sociale agricole, fonction publique, caisse complémentaire, etc.)
- Justifier de ressources limitées, insuffisantes pour couvrir l’intégralité des frais d’EHPAD.
- Être en situation de perte d’autonomie ou de fragilité, médicalement ou socialement reconnue (niveau de dépendance évalué via la grille AGGIR).
- Avoir sollicité en priorité les aides légales (allocation personnalisée d’autonomie, aide sociale à l’hébergement…)
- Justifier d’une entrée en EHPAD (contrat de séjour, devis, attestation d’accueil…).
Chaque caisse applique sa propre politique et ses barèmes, mais toutes exigent généralement une situation de fragilité ou de perte d’autonomie avérée. Le montant de l’aide accordée dépend des revenus du retraité, du coût de l’EHPAD, de la situation familiale et patrimoniale du demandeur, des budgets disponibles de la caisse.
Quelles sont les démarches pour faire une demande ?
Pour solliciter une aide financière auprès de sa caisse de retraite, les démarches se font en plusieurs étapes.
Tout d’abord, il convient de prendre contact avec le service social de sa caisse de retraite par téléphone, courrier ou via l’espace personnel en ligne.
Ensuite, un travailleur social analyse la situation du retraité : ressources, niveau de dépendance, coût de l’EHPAD, aides déjà perçues. Cette évaluation permet de déterminer l’éligibilité et le type d’aide mobilisable.
À partir de là, le demandeur doit constituer un dossier de demande. Le dossier comprend en général :
- un formulaire de demande d’aide,
- des justificatifs de ressources (retraites, revenus, avis d’imposition),
- le devis ou le contrat de séjour de l’EHPAD,
- parfois, un avis médical (évaluation du groupe iso-ressources – GIR).
La caisse de retraite étudie alors le dossier et notifie sa décision. L’aide accordée est souvent ponctuelle ou limitée dans le temps.
Il est recommandé de commencer les démarches plusieurs mois à l’avance, car les délais d’instruction peuvent être longs. Il est, par ailleurs, conseillé de se faire accompagner par une assistante sociale (caisse de retraite, centre communal d’action sociale, hôpital ou EHPAD) pour maximiser les chances d’obtenir une aide adaptée.
Existe-t-il une différence selon la caisse de retraite ?
Les aides financières et les dispositifs d’accompagnement proposés pour contribuer au financement d’un séjour en EHPAD varient selon la caisse de retraite dont dépend la personne concernée. Chaque régime (régime général, retraite complémentaire, régime agricole, fonction publique) dispose de ses propres règles d’attribution, de critères spécifiques et de son budget d’action sociale.
Selon la caisse, les aides peuvent prendre la forme d’aides financières ponctuelles, d’un accompagnement social personnalisé ou d’un appui pour mobiliser d’autres dispositifs existants (APA, aides au logement, aide sociale départementale). Ces aides viennent le plus souvent en complément des aides légales et visent à réduire le reste à charge, sans couvrir l’intégralité du coût de l’EHPAD.
Les montants, la durée et les conditions d’accès pouvant varier d’une caisse à l’autre, il est fortement recommandé de contacter le service social de la caisse de retraite concernée afin d’obtenir une évaluation personnalisée et de connaître précisément les aides mobilisables.
Peut-on cumuler les aides de la caisse de retraite avec d’autres dispositifs ?
Les aides de la caisse de retraite peuvent généralement être cumulées avec d’autres dispositifs, mais sous certaines conditions.
Elles viennent le plus souvent en complément des aides légales, comme :
- l’allocation personnalisée d’autonomie (APA), versée par le conseil départemental,
- l’aide sociale à l’hébergement (ASH), pour les personnes aux revenus modestes,
- les aides au logement (APL, ALS), sous conditions de ressources,
- certaines aides des mutuelles ou des collectivités locales.
En revanche, le cumul n’est pas toujours possible avec des aides ayant le même objet (par exemple, deux aides finançant exactement le même service d’aide à domicile). La caisse de retraite vérifie alors l’ensemble des aides déjà perçues pour éviter les doublons.
Que faire si les aides sont insuffisantes ?
Si les aides obtenues ne suffisent pas :
- Il est possible de faire appel à l’aide sociale départementale qui peut couvrir une partie ou la totalité des frais.
- En dernier recours, une participation financière des enfants peut être sollicitée par le département, au titre de l’obligation alimentaire.
- Certaines associations ou fondations peuvent aussi proposer des aides ponctuelles.
Un travailleur social ou un service d’information local (centres locaux d’information et de coordination – CLIC, CCAS) peut accompagner dans ces démarches.
Comment bien préparer l’entrée en EHPAD sur le plan financier ?
L’entrée en EHPAD représente souvent un changement important, à la fois humain et financier. Anticiper cette étape permet de limiter le stress et d’éviter les décisions prises dans l’urgence. Voici les principaux points à préparer :
- Anticiper les démarches au moins 6 à 12 mois avant l’entrée en EHPAD.
- Demander une évaluation de l’autonomie (GIR) via le médecin traitant ou le conseil départemental.
- Demander un devis détaillé à l’établissement envisagé, précisant le tarif hébergement, le tarif dépendance, les frais annexes éventuels.
- Faire le point sur les ressources disponibles (pensions de retraite, revenus éventuels, aides déjà perçues).
- Identifier les aides financières mobilisables : APA, aides au logement, aides de la caisse de retraite, ASH, aides fiscales (réduction ou crédit d’impôt sur certains frais).
- Prendre contact avec les différentes caisses de retraite pour connaître les prestations disponibles.
- Se faire accompagner par un conseiller social, un notaire ou un organisme d’aide aux personnes âgées.
Une bonne préparation permet de réduire considérablement le reste à charge pour la famille et d’éviter les mauvaises surprises.
Certaines caisses de retraite complémentaires, comme l’AGIRC-ARRCO, disposent de fonds sociaux dédiés à la prévention de la perte d’autonomie, qui peuvent financer non seulement des séjours en EHPAD, mais aussi des bilans mémoire, des ateliers de prévention ou même l’acquisition d’aides techniques (fauteuils roulants, téléassistance). Ces prestations sont encore trop peu connues des assurés, alors qu’elles peuvent considérablement améliorer la qualité de vie.
N’attendez pas l’urgence pour vous renseigner. Dès les premiers signes de perte d’autonomie, contactez la caisse de retraite de votre proche pour faire le point sur les aides sociales disponibles. Une bonne anticipation permet non seulement de mieux préparer l’entrée en EHPAD, mais aussi de faire valoir tous les droits auxquels la personne âgée peut prétendre. Cela évite des démarches dans l’urgence… et des dépenses évitables.
Sources externes :
Quelles sont les aides des caisses de retraite ?
EHPAD : établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes
Foire aux questions
Des questions subsistent ? CetteFamille vous répond dans sa foire aux questions.
Oui, certaines caisses privilégient les établissements publics ou conventionnés. Il faut vérifier si l’EHPAD choisi figure dans la liste des établissements partenaires de la caisse.
Le médecin intervient pour remplir une grille AGGIR, qui détermine le niveau de perte d’autonomie (GIR 1 à GIR 6). Ce classement conditionne notamment l’accès à l’APA et parfois à certaines aides des caisses de retraite.
Oui, la plupart des aides sont attribuées pour une durée limitée (souvent un an), et nécessitent une reconduction sur dossier actualisé.
Oui, surtout dans le cadre d’un répit pour les aidants ou d’une entrée progressive en EHPAD. Ces aides sont souvent ponctuelles et soumises à un devis préalable.




