• À 90 ans, la tension artérielle doit être adaptée à l'état de santé et à la fragilité de la personne.
• Chez les personnes de 80 ans et plus, les recommandations ESH 2023 proposent généralement une pression systolique entre 140 et 150 mmHg, avec une cible plus basse si elle est bien tolérée.
• Une hypotension orthostatique peut provoquer vertiges, malaises et chutes chez la personne âgée.-
• La règle des 3 permet de réaliser une automesure structurée de la tension à domicile.
• À 90 ans, les traitements et leurs effets doivent être régulièrement réévalués par le médecin, notamment en cas de fragilité ou de symptômes.
À 90 ans, surveiller la tension artérielle ne consiste pas simplement à rechercher un chiffre « normal ». L’âge, les traitements, les autres maladies et le niveau de fragilité peuvent modifier les objectifs de tension à atteindre.
Une tension chez une personne âgée de 90 ans doit donc être interprétée dans son contexte. Une pression trop élevée peut augmenter le risque cardiovasculaire, tandis qu’une pression trop basse ou une chute de tension au passage debout peut favoriser les malaises et les chutes.
Pour les proches qui accompagnent un senior au quotidien, savoir mesurer la tension, repérer les signes inhabituels et transmettre les informations au professionnel de santé permet de contribuer à une surveillance plus sécurisée. Découvrez également notre page consacrée à la santé des seniors.
Qu’est-ce qu’une tension normale chez une personne de 90 ans ?
La tension artérielle correspond à la pression exercée par le sang sur les parois des artères. Elle est exprimée en mmHg et comporte deux valeurs :
- la pression artérielle systolique (PAS), le premier chiffre, lorsque le cœur se contracte ;
- la pression artérielle diastolique (PAD), le second chiffre, lorsque le cœur se relâche.
À 90 ans, il n’existe pas un chiffre unique qui serait considéré comme idéal pour toutes les personnes. Les objectifs sont individualisés selon l’état de santé, les maladies associées, la fragilité et la tolérance du traitement.
Les recommandations européennes ESH 2023 indiquent, chez les personnes de 80 ans et plus, une cible de pression systolique généralement située entre 140 et 150 mmHg, avec la possibilité de viser 130 à 140 mmHg si cette valeur est bien tolérée.
Chez une personne très fragile, souffrant notamment d’hypotension orthostatique ou présentant une espérance de vie limitée, la stratégie peut être différente. Les recommandations européennes insistent sur la nécessité d’une approche personnalisée chez les personnes très âgées et fragiles.
Il faut donc éviter d’interpréter une mesure isolée comme une norme absolue. Le médecin tient compte de l’ensemble de la situation avant de modifier un traitement.
À 90 ans, il n'existe pas une tension idéale identique pour tout le monde. Les objectifs sont individualisés. Chez les personnes de 80 ans et plus, l'ESH 2023 situe généralement la pression systolique cible entre 140 et 150 mmHg, avec une cible plus basse possible si elle est bien tolérée.
Quelle tension pour une personne âgée de 90 ans selon l’âge ?
La tension artérielle évolue avec l’âge, notamment en raison de la rigidification progressive des artères. La pression systolique a ainsi tendance à augmenter avec les années.
Il n’est toutefois pas pertinent de considérer qu’une personne doit automatiquement avoir une tension plus élevée simplement parce qu’elle vieillit. Les objectifs thérapeutiques doivent rester adaptés à son état de santé.
| Âge | Repères généraux | Point de vigilance |
| 65 ans | Objectif généralement proche de celui de l’adulte plus jeune | Tolérance du traitement |
| 70 ans | La pression systolique peut augmenter avec l’âge | Hypertension systolique isolée |
| 80 ans et + | Cible souvent autour de 140-150 mmHg de PAS | Fragilité et hypotension |
| 90 ans | Objectif individualisé selon l’état de santé | Chutes, malaises et hypotension orthostatique |
Ces valeurs constituent des repères et non des seuils permettant à eux seuls de modifier un traitement. Les recommandations récentes insistent sur la personnalisation de la prise en charge chez les personnes âgées, particulièrement en présence de fragilité ou d’hypotension orthostatique.
La question « quelle tension à 90 ans ? » doit donc toujours être replacée dans le contexte médical de la personne.
Hypotension à 90 ans : pourquoi faut-il surveiller les chutes ?
Chez une personne âgée, une tension trop basse peut être problématique, notamment lorsqu’elle survient lors du passage de la position assise ou allongée à la position debout.
On parle d’hypotension orthostatique lorsque la pression systolique diminue d’au moins 20 mmHg ou la pression diastolique d’au moins 10 mmHg dans les trois minutes suivant le passage debout.
Elle peut provoquer :
- des vertiges ;
- une sensation de faiblesse ;
- des malaises ;
- des troubles de l’équilibre ;
- des chutes ;
- parfois une perte de connaissance.
À 90 ans, ces conséquences peuvent avoir un impact important sur l’autonomie. Une chute peut notamment entraîner une fracture ou une période d’hospitalisation et compliquer le maintien à domicile.
La recherche d’une hypotension orthostatique est particulièrement importante chez les personnes âgées présentant des symptômes ou une fragilité. Les recommandations européennes appellent également à la prudence dans l’intensification des traitements antihypertenseurs chez les personnes très âgées ou fragiles.
Pour en savoir plus, consultez notre article consacré aux chutes chez les personnes âgées et celui sur la déshydratation chez la personne âgée.
Tension chez la femme de 90 ans : quel risque en cas de chute ?
La question de la tension chez une femme de 90 ans doit également être replacée dans le contexte général de la fragilité.
Avec l’âge, la diminution de la densité osseuse peut augmenter le risque de fracture. Une chute provoquée par un malaise ou une hypotension peut donc avoir des conséquences importantes, notamment lorsqu’elle survient chez une personne présentant une ostéoporose.
Chez une femme âgée, le suivi doit ainsi prendre en compte plusieurs éléments : tension artérielle, équilibre, mobilité, traitements, santé osseuse et autonomie.
Les recommandations européennes soulignent l’importance d’évaluer la fragilité et les caractéristiques individuelles du patient âgé avant d’intensifier le traitement antihypertenseur.
Comment mesurer la tension à 90 ans avec la règle des 3 ?
L’automesure permet d’obtenir des mesures réalisées à domicile dans des conditions habituelles. Elle peut notamment contribuer à distinguer une tension élevée persistante d’un effet blouse blanche observé au cabinet médical. La HAS recommande, lorsque l’automesure est indiquée, d’utiliser de préférence un appareil validé avec brassard au bras.
La règle des 3 consiste à réaliser :
- 3 mesures le matin, avant le petit-déjeuner et la prise des médicaments ;
- 3 mesures le soir, avant le coucher ;
- pendant 3 jours consécutifs.
Les mesures doivent être effectuées au calme, en position assise, avec l’avant-bras posé sur une table. Il faut éviter de parler pendant la mesure et espacer les prises de quelques minutes. Les valeurs doivent ensuite être notées afin de pouvoir être présentées au médecin.
À 90 ans, l’aidant peut aider la personne lorsque celle-ci rencontre des difficultés pour manipuler le tensiomètre ou noter les résultats.
Médicaments et interactions : pourquoi la tension peut-elle varier à 90 ans ?
À 90 ans, une personne peut prendre plusieurs traitements pour différentes pathologies. Cette polymédication nécessite une surveillance particulière, car certains médicaments peuvent influencer la pression artérielle ou favoriser des effets indésirables.
Les diurétiques, par exemple, peuvent contribuer à une déshydratation dans certaines situations. D’autres traitements antihypertenseurs peuvent également favoriser une baisse de la pression artérielle ou une hypotension orthostatique.
Le traitement doit donc être régulièrement réévalué en fonction de la tension mesurée, des symptômes, de l’état d’hydratation et de l’état général.
En cas de vertiges répétés, de malaise, de chute ou de changement important de tension après l’introduction ou la modification d’un médicament, il est important d’en informer le médecin.
Un traitement antihypertenseur ne doit pas être arrêté ou modifié de sa propre initiative.
Quelle alimentation et quelle hygiène de vie pour stabiliser la tension ?
Les mesures hygiéno-diététiques peuvent participer à la prise en charge de l’hypertension, quel que soit l’âge. Elles doivent toutefois être adaptées aux capacités et à l’état de santé de la personne âgée.
Une alimentation équilibrée peut notamment privilégier :
- les fruits et légumes ;
- les aliments riches en fibres ;
- une consommation modérée de produits très salés ;
- une alimentation pauvre en graisses saturées.
L’activité physique adaptée peut également contribuer à la santé cardiovasculaire. Chez une personne de 90 ans, elle doit être adaptée aux capacités physiques et validée si nécessaire avec un professionnel de santé.
L’hydratation mérite également une attention particulière chez les personnes âgées, notamment en période de chaleur ou lorsque la personne est plus fragile. Les besoins peuvent cependant varier selon les maladies et les traitements : certaines personnes doivent notamment respecter des restrictions hydriques.
Pour approfondir le sujet, retrouvez nos conseils sur l’alimentation de la personne âgée.
L’accompagnement à domicile pour sécuriser la surveillance de la tension
À 90 ans, surveiller la tension ne consiste pas uniquement à prendre une mesure avec un tensiomètre. Il faut également pouvoir repérer un malaise, une fatigue inhabituelle, une difficulté à se déplacer, une déshydratation ou une chute.
Une aide à domicile peut contribuer à cette vigilance quotidienne, notamment en accompagnant la personne dans ses habitudes de vie et en signalant à l’entourage un changement inhabituel.
CetteFamille propose des services d’aide à domicile et des auxiliaires de vie à domicile pouvant accompagner les personnes âgées dans leur quotidien. Selon la situation, une téléassistance pour seniors peut également compléter la présence humaine.
Les aides disponibles, notamment l’allocation personnalisée d’autonomie, peuvent également être étudiées selon le niveau d’autonomie et la situation de la personne.
À 90 ans, la surveillance de la tension doit s'intégrer dans une surveillance globale de l'autonomie. Un chiffre inhabituel est d'autant plus important à signaler lorsqu'il s'accompagne de vertiges, d'un malaise, d'une chute ou d'un changement de comportement. L'entourage peut aider à noter les mesures et les symptômes afin de transmettre au médecin une vision plus complète de la situation.
Les sources
- European Society of Hypertension — Guidelines 2023 — recommandations européennes sur la prise en charge de l’hypertension, notamment chez les personnes âgées et fragiles.
- European Society of Cardiology — Guidelines 2024 — recommandations récentes sur les objectifs tensionnels et la prise en charge des personnes très âgées.
- Haute Autorité de Santé — Prise en charge de l’hypertension artérielle de l’adulte — recommandations relatives à l’automesure et à l’hypotension orthostatique.
- Organisation mondiale de la Santé — Hypertension artérielle — informations générales sur l’hypertension, ses risques et sa prise en charge.
- CetteFamille — Santé des seniors — ressources CetteFamille consacrées à la santé et à l’accompagnement des personnes âgées.
Foire aux questions
FAQ : questions fréquentes sur la tension à 90 ans
Il n'existe pas une valeur idéale identique pour toutes les personnes de 90 ans. Les recommandations ESH 2023 proposent généralement, chez les personnes de 80 ans et plus, une pression systolique entre 140 et 150 mmHg, avec une cible de 130 à 140 mmHg si elle est bien tolérée. La cible doit être adaptée à la fragilité, aux maladies associées et à la tolérance du traitement.
Une tension systolique de 90 mmHg est basse et doit être interprétée en fonction des symptômes et de la situation médicale. Une mesure isolée ne suffit pas à établir un diagnostic. En cas de vertiges, malaise, chute ou faiblesse inhabituelle, il est recommandé de demander un avis médical.
L'âge seul ne justifie pas l'arrêt automatique d'un traitement antihypertenseur. En revanche, chez une personne très âgée ou fragile, notamment en présence d'hypotension orthostatique ou de symptômes, le médecin peut réévaluer le traitement et ses objectifs.
Les signes pouvant évoquer une tension trop basse comprennent notamment les vertiges au lever, malaises, faiblesse, troubles de l'équilibre et chutes. Une hypotension orthostatique peut être recherchée en mesurant la tension après le passage en position debout. Pour plus d'informations, consultez notre article sur la perte d'équilibre chez les personnes âgées.
L'hypertension augmente notamment le risque cardiovasculaire à tout âge. Chez une personne de 90 ans, son traitement doit toutefois être adapté à l'état de santé, à la fragilité et à la tolérance, car une baisse excessive de la pression artérielle peut également provoquer des effets indésirables. L'hypertension peut notamment être associée à un risque accru d'AVC et de maladies cardiovasculaires. Retrouvez nos informations sur l'AVC chez la personne âgée et la décompensation cardiaque.




