Leucoaraïose : symptômes, évolution et conseils d’accompagnement
Santé des seniors

Leucoaraïose : mieux comprendre cette atteinte cérébrale silencieuse

Une dame âgée souffrante de leucoaraïose, assise sur un banc dans le parc à côté de sa colocation seniors.
En résumé

• La leucoaraïose est une atteinte de la substance blanche du cerveau, souvent silencieuse, liée à un mauvais apport sanguin chronique.
• Elle est fréquente chez les personnes âgées et favorisée par des facteurs comme l’hypertension, le diabète ou le tabagisme.
• Ses symptômes incluent troubles de la marche, du comportement et de la mémoire, avec un risque accru de perte d’autonomie.
• Il n’existe pas de traitement curatif, mais une prise en charge préventive efficace peut ralentir son évolution.
• Un suivi médical régulier et une hygiène de vie adaptée sont essentiels pour préserver les fonctions cognitives et la qualité de vie.

La leucoaraïose (ou leukoaraiosis en anglais) est une atteinte du cerveau souvent découverte par hasard lors d’un examen d’imagerie. Bien que fréquente chez les personnes âgées, elle reste encore peu connue du grand public. Cette « maladie silencieuse » mérite pourtant que l’on s’y attarde tant ses conséquences peuvent impacter la qualité de vie et l’autonomie. 

Que faut-il savoir sur cette pathologie cérébrale ? Comment se manifeste-t-elle, et peut-on la prévenir ? Dans cet article, CetteFamille, entreprise de l’économie sociale et solidaire spécialisée dans les colocations seniors et l’habitat partagé, vous donne ses éléments de réponse.

Qu’est-ce que la leucoaraïose ?

La leucoaraïose désigne une altération de la substance blanche cérébrale, c’est-à-dire des tissus qui permettent la communication entre les différentes régions du cerveau. Elle se traduit par des lésions visibles à l’IRM sous forme de zones blanchâtres anormales, généralement situées autour des ventricules cérébraux ou dans la profondeur du cerveau.

Ces lésions sont liées à une mauvaise irrigation sanguine chronique du cerveau, ce qui entraîne une dégénérescence progressive des fibres nerveuses. La leucoaraïose n’est pas une maladie en soi, mais plutôt un signe de souffrance cérébrale, associé au vieillissement ou à d’autres pathologies vasculaires et neurologiques.

On parle parfois de leucopathie vasculaire, terme plus large englobant plusieurs types d’atteintes de la substance blanche.

Quelles sont les causes de la leucoaraïose ?

La principale origine de la leucoaraïose est vasculaire. Elle résulte d’une altération progressive des petits vaisseaux cérébraux, entraînant une mauvaise irrigation du tissu cérébral (ischémie chronique).

Plusieurs facteurs de risque ont été identifiés :

  • L’hypertension artérielle, mal contrôlée ou chronique ;
  • Le diabète et les troubles du métabolisme glucidique ;
  • L’âge avancé, avec une prévalence croissante après 60 ans ;
  • Le tabagisme, qui favorise l’atteinte vasculaire ;
  • L’hypercholestérolémie ;
  • Les antécédents d’AVC (stroke en anglais) ou d’accidents ischémiques transitoires (AIT) ;
  • La sédentarité et un mode de vie peu favorable à la santé cardio-vasculaire.

Quels sont les symptômes de la leucoaraïose ?

Souvent discrète à ses débuts, la leucoaraïose peut rester longtemps asymptomatique. Toutefois, à mesure que les lésions s’étendent, plusieurs symptômes peuvent apparaître :

  • Troubles de la marche et de l’équilibre : marche lente, instabilité, chutes.
  • Troubles cognitifs : attention, mémoire, vitesse de traitement.
  • Troubles de l’humeur : dépression, apathie, perte d’initiative.
  • Difficultés dans les fonctions exécutives : organisation, planification.
  • Incontinence urinaire dans les stades plus avancés.

Ces signes peuvent être progressifs et insidieux, d’où l’importance d’un suivi médical attentif, surtout chez les personnes âgées ou à risque.

 

Le saviez-vous ?

La leucoaraïose est très souvent découverte par hasard, lors d’un examen d’imagerie comme une IRM, alors que la personne ne ressent aucun symptôme particulier.

Avec l’âge, ces anomalies du cerveau deviennent fréquentes : une grande majorité des personnes de plus de 80 ans en présentent, sans que cela n’entraîne forcément de troubles visibles au quotidien. Cela montre que le cerveau peut parfois compenser ces changements, notamment grâce à une bonne stimulation intellectuelle et sociale tout au long de la vie.

Quels sont les risques associés à la leucoaraïose ?

La leucoaraïose est un marqueur de fragilité cérébrale. Elle augmente le risque :

  • D’accident vasculaire cérébral (AVC), en particulier ischémique ;
  • De déclin cognitif, voire de démence vasculaire ;
  • De perte d’autonomie liée aux troubles moteurs et cognitifs ;
  • De chutes, en raison des troubles de l’équilibre ;
  • De troubles psychiatriques, comme la dépression ou l’anxiété chronique.

Comment diagnostique-t-on la leucoaraïose ?

Le diagnostic repose principalement sur l’imagerie cérébrale, en particulier :

  • imagerie par résonance magnétique – IRM – cérébrale (examen de référence),
  • parfois scanner cérébral (moins précis).

L’IRM permet de visualiser les zones hyperintenses de la substance blanche et d’évaluer leur étendue. Le radiologue peut utiliser une classification de Fazekas, allant de 0 à 3, pour quantifier la sévérité des lésions.

Un neurologue interprète ensuite ces résultats en tenant compte :

  • des symptômes cliniques,
  • des antécédents médicaux,
  • des facteurs de risque vasculaires.

Un bilan clinique complet est indispensable pour évaluer les symptômes et éliminer d’autres causes.

Peut-on traiter ou prévenir la leucoaraïose ?

Il n’existe pas à ce jour de traitement curatif de la leucoaraïose. Toutefois, la prévention et le ralentissement de son évolution sont possibles, grâce à la maîtrise des facteurs de risque vasculaire :

  • Contrôle rigoureux de la pression artérielle ;
  • Équilibre du diabète et du cholestérol ;
  • Sevrage tabagique ;
  • Activité physique régulière, adaptée aux capacités ;
  • Alimentation équilibrée, de type méditerranéen, favorable à la santé cérébrale ;
  • Prise en charge de la dépression ;
  • Suivi médical régulier, en particulier chez les seniors.

Certains traitements médicamenteux peuvent être proposés pour améliorer les symptômes (antidépresseurs, médicaments contre les troubles cognitifs), mais ils n’agissent pas sur les lésions elles-mêmes.

Le conseil de CetteFamille

Face à une leucoaraïose, ne vous focalisez pas uniquement sur l’IRM ou les résultats médicaux. Soyez attentif aux changements du quotidien : une marche plus hésitante, un repli social, une perte d’initiative ou des oublis inhabituels sont souvent les premiers signaux d’alerte.

Agir tôt, c’est adapter l’environnement, maintenir une vie sociale stimulante et éviter l’isolement, qui accélère le déclin cognitif. Un cadre de vie sécurisant, humain et rythmé peut faire toute la différence pour préserver l’autonomie et la qualité de vie sur le long terme.

Quelle prise en charge au quotidien ?

La prise en charge de la leucoaraïose repose sur une approche pluridisciplinaire :

  • Médecin généraliste ou neurologue : pour le suivi clinique et thérapeutique ;
  • Kinésithérapeute : pour préserver la motricité et prévenir les chutes ;
  • Ergothérapeute : pour permettre au patient de réaliser les tâches quotidiennes en autonomie ;
  • Orthophoniste : en cas de troubles du langage ou de la mémoire ;
  • Psychologue ou psychiatre : si un trouble de l’humeur est présent ;
  • Infirmiers à domicile, aides-soignants : pour la réalisation des soins pour les personnes en perte d’autonomie.

L’environnement doit être adapté pour limiter les risques de chutes et favoriser l’autonomie (aménagement du logement, aides techniques).

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Foire aux questions

Des interrogations demeurent ? CetteFamille vous répond.

Comment peut évoluer la maladie ?
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La leucoaraïose évolue généralement lentement, mais de façon progressive. Son évolution dépend du contrôle des facteurs de risque vasculaire. Chez certaines personnes, elle reste stable de nombreuses années. Chez d’autres, elle peut progresser vers une démence vasculaire, surtout en cas de facteurs de risque non contrôlés.

Peut-on conduire avec une leucoaraïose ?
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La conduite n’est pas interdite systématiquement. Tout dépend des symptômes : si les troubles cognitifs ou moteurs sont importants, un avis médical est nécessaire. Dans certains cas, un signalement au permis de conduire peut être requis.

La leucoaraïose est-elle douloureuse ?
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Non, la leucoaraïose n’est pas en soi une maladie douloureuse. Elle peut entraîner des complications (comme les chutes) qui le sont, mais les lésions cérébrales elles-mêmes sont indolores.

Quelle différence entre leucoaraïose et Alzheimer ?
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La leucoaraïose est d’origine vasculaire et touche la substance blanche, tandis que la maladie d’Alzheimer est une maladie neurodégénérative affectant les neurones et la mémoire. Toutefois, les deux peuvent coexister et s’aggraver mutuellement.

Quelle est l’espérance de vie d’une personne atteinte ?
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Il est difficile de donner une espérance de vie précise. Tout dépend de l’âge, de l’état de santé général, de la gravité des lésions et de la prise en charge. Une leucoaraïose légère peut rester stable longtemps, mais une forme sévère augmente le risque de complications graves. L’espérance de vie dépend surtout des maladies associées (AVC, maladies cardiovasculaires).

Faut-il faire des examens de contrôle réguliers ?
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Oui, surtout en cas de facteurs de risque ou de progression des symptômes. Un suivi médical annuel, avec une IRM tous les 2 à 3 ans est parfois recommandé, selon l’avis du neurologue.

Adèle Lugan
Chargée marketing digital chez CetteFamille. Spécialiste en gestion de contenus dédiés aux seniors et à leurs familles, pour répondre de manière claire et fiable à leurs questions du quotidien.
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