• L’ostéopénie est une perte modérée de densité osseuse, souvent silencieuse, mais qui peut évoluer en ostéoporose sans prise en charge.
• Elle touche particulièrement les personnes âgées, notamment les femmes après la ménopause, mais aussi les hommes après 70 ans.
• Le diagnostic repose sur une ostéodensitométrie, examen simple et indolore, permettant d’évaluer le risque de fracture.
• La prévention passe par une alimentation riche en calcium et vitamine D, une activité physique régulière, et la limitation des facteurs de risque.
• Un suivi médical régulier et, si besoin, des compléments ou traitements adaptés permettent de ralentir la perte osseuse et de préserver l’autonomie.
L’ostéopénie est un terme encore peu connu du grand public, pourtant elle concerne de nombreuses personnes âgées, bien avant que ne survienne l’ostéoporose. Elle désigne une perte modérée de densité osseuse, souvent silencieuse, mais qui peut entraîner des fractures à long terme si elle n’est pas prise en charge.
Quelles sont ses causes, comment l’identifier et surtout comment la freiner ? Dans cet article, CetteFamille, entreprise de l’économie sociale et solidaire spécialisée dans les colocations seniors et l’habitat partagé, vous apporte des réponses concrètes.
Qu’est-ce que l’ostéopénie et en quoi diffère-t-elle de l’ostéoporose ?
L’ostéopénie est une affection caractérisée par une perte du capital osseux. Concrètement, les os deviennent progressivement moins denses et plus fragiles, sans toutefois atteindre le stade de l’ostéoporose. Elle s’inscrit dans le processus naturel du vieillissement osseux et correspond à une phase intermédiaire, souvent réversible ou stabilisable lorsqu’elle est détectée à temps.
En règle générale, l’ostéopénie ne provoque aucun symptôme. Elle est le plus souvent découverte lors d’un examen de densité osseuse (ostéodensitométrie), réalisé à l’occasion d’un bilan de santé ou d’un suivi médical chez les seniors.
Bien que proches, l’ostéopénie et l’ostéoporose ne doivent pas être confondues. La différence tient essentiellement à la gravité de la perte osseuse :
- l’ostéopénie correspond à une fragilisation modérée, avec un risque de fracture limité ;
- l’ostéoporose est une atteinte plus sévère, avec une altération de la structure osseuse et un risque élevé de fractures (poignet, hanche, colonne vertébrale…).
Comment l’ostéopénie évolue-t-elle avec l’âge ?
Avec l’âge, la capacité de l’organisme à renouveler l’os diminue progressivement. Chez les femmes, cette perte s’accélère après la ménopause en raison de la baisse des œstrogènes. Chez les hommes, elle est plus progressive mais devient plus marquée avec l’avancée en âge.
L’ostéopénie peut rester stable pendant plusieurs années si des mesures de prévention sont mises en place (activité physique, alimentation adaptée, prévention des chutes). En l’absence de suivi, elle peut évoluer vers une ostéoporose.
Parce qu’elle ne provoque pas de symptômes, l’ostéopénie nécessite un suivi médical régulier, afin de préserver la mobilité, l’autonomie et la qualité de vie des seniors.
Quels sont les facteurs de risque chez les seniors ?
Chez les seniors, l’ostéopénie résulte le plus souvent de la combinaison de plusieurs facteurs liés à l’âge, au mode de vie et à l’état de santé. Identifier ces facteurs permet de mieux cibler les actions de prévention.
- L’âge et les changements hormonaux : l’avancée en âge est le principal facteur de risque. Avec les années, le renouvellement osseux ralentit naturellement.
- La sédentarité et le manque d’activité physique : l’os a besoin de contraintes mécaniques pour se renforcer (marche, port de charge, exercices d’équilibre). Une activité physique insuffisante, notamment chez les personnes âgées peu mobiles, favorise la perte de densité osseuse.
- Les carences nutritionnelles : un apport insuffisant en calcium, en vitamine D et en protéines est fréquent chez les seniors et constitue un facteur de risque majeur. La vitamine D, essentielle à l’absorption du calcium, est souvent déficitaire en raison d’une exposition solaire réduite et d’une alimentation parfois inadaptée.
- Certaines maladies: certaines pathologies chroniques augmentent le risque d’ostéopénie : diabète, hyperthyroïdie, insuffisance rénale, maladies digestives altérant l’absorption des nutriments, etc.
- Certains traitements : la prise prolongée de certains médicaments, notamment les corticoïdes ou les anticoagulants, peut accélérer la perte osseuse.
- Les antécédents de fracture et le risque de chute : un antécédent de fracture après un traumatisme mineur est un signal d’alerte important. Par ailleurs, les troubles de l’équilibre, de la vision ou la faiblesse musculaire augmentent le risque de chute, révélant ou aggravant une fragilité osseuse sous-jacente.
- Les habitudes de vie défavorables : le tabagisme, une consommation excessive d’alcool, un faible poids corporel ou une perte de poids importante participent également à la diminution de la densité osseuse chez les seniors.
Un mode de vie actif et une nutrition adaptée permettent de réduire significativement ces risques.
Une perte de 3 à 5 cm de taille après 65 ans peut être le signe de tassements vertébraux silencieux, souvent liés à une ostéopénie ou une ostéoporose non diagnostiquée. Surveiller régulièrement la taille chez les seniors permet de repérer discrètement une fragilité osseuse.
Comment détecter les premiers signes de l’ostéopénie ?
L’ostéopénie est asymptomatique dans la grande majorité des cas. Elle ne provoque ni douleur ni signe visible, ce qui rend son dépistage difficile sans examen spécifique.
Cependant, certains signes doivent alerter :
- Fractures survenues à la suite d’un choc mineur ou d’une chute banale ;
- Diminution progressive de la taille souvent liée à des tassements vertébraux ;
- Douleurs dorsales modérées et récurrentes, parfois attribuées à tort au vieillissement ;
- Posture qui se modifie progressivement (dos plus voûté) ;
- Perte de force musculaire ou d’équilibre.
Ces signes ne sont pas spécifiques de l’ostéopénie, mais ils peuvent révéler une fragilité osseuse sous-jacente. Dès l’apparition de ces signes, il est conseillé de consulter pour un bilan osseux.
Identifier une ostéopénie à un stade précoce permet de mettre en place rapidement des mesures de prévention et d’éviter son évolution vers l’ostéoporose. Plus le dépistage est précoce, plus les moyens d’action sont efficaces pour préserver la solidité osseuse et l’autonomie.
Quels examens permettent de diagnostiquer l’ostéopénie ?
Le diagnostic de l’ostéopénie repose sur des examens médicaux ciblés, destinés à évaluer la densité osseuse et à identifier les facteurs de risque associés. Comme la maladie est souvent silencieuse, ces examens jouent un rôle essentiel dans le dépistage chez les seniors.
L’ostéodensitométrie (ou densitométrie osseuse) est l’examen de référence. Il s’agit d’un examen simple, rapide et indolore, réalisé à l’aide de rayons X à faible dose. Il mesure la densité minérale osseuse, généralement au niveau de la hanche et de la colonne vertébrale.
Les résultats sont exprimés sous forme de T-score, qui compare la densité osseuse du patient à celle d’un adulte jeune en bonne santé. Un T-score supérieur à -1 correspond à la situation normale ; un T-score légèrement diminué (T entre -1 et -2,5) permet de poser le diagnostic d’ostéopénie. Des valeurs plus basses (T < -2,5) orientent vers une ostéoporose.
En complément, des prises de sang peuvent être prescrites afin de rechercher des causes ou des facteurs aggravants de la perte osseuse. Elles permettent notamment d’évaluer :
- le taux de vitamine D ;
- le calcium et le phosphore ;
- la fonction rénale ou thyroïdienne ;
- certains marqueurs du remodelage osseux.
Ces analyses ne permettent pas à elles seules de diagnostiquer l’ostéopénie, mais elles aident à orienter la prise en charge.
Enfin, en cas de douleurs dorsales, de perte de taille ou de suspicion de fracture, des radiographies peuvent être réalisées pour détecter d’éventuels tassements vertébraux. Elles ne permettent pas de mesurer la densité osseuse, mais peuvent révéler des conséquences de la fragilité osseuse.
Comment prévenir la dégradation de la densité osseuse ?
La prévention de la perte de densité osseuse repose sur une approche globale, associant activité physique, alimentation adaptée et suivi médical. Chez les seniors, ces mesures permettent de ralentir l’évolution de l’ostéopénie et de réduire le risque de fractures.
L’activité physique régulière est l’un des leviers les plus efficaces. La marche, la montée d’escaliers, la gymnastique douce ou le renforcement musculaire stimulent la solidité des os et améliorent l’équilibre, limitant ainsi les chutes.
Une alimentation favorable à la santé osseuse est également essentielle. Des apports suffisants en calcium, vitamine D et protéines (produits laitiers, poissons gras, légumes verts, œufs) contribuent au maintien de la densité osseuse. Une supplémentation peut être envisagée en cas de carence, sur avis médical.
Il est également recommandé de limiter les facteurs de fragilisation de l’os, comme le tabac, l’alcool excessif ou une perte de poids importante, et de prévenir les chutes par des aménagements du domicile (amélioration de l’éclairage, sécurisation des sols…) et un travail de l’équilibre.
Enfin, un suivi médical régulier permet d’évaluer l’évolution de l’ostéopénie et d’adapter la prise en charge, voire d’envisager un traitement si le risque de fracture augmente.
Existe-t-il des traitements ou compléments efficaces pour freiner l’ostéopénie ?
En cas d’ostéopénie, la prise en charge repose sur une évaluation du risque de fracture. Un traitement médicamenteux n’est pas systématique et n’est envisagé que chez les personnes à risque élevé. Certains médicaments, comme les bisphosphonates, peuvent être prescrits par le médecin afin de ralentir la perte de densité osseuse.
Le calcium et la vitamine D jouent un rôle central dans la santé osseuse. Chez les seniors, des apports insuffisants ou une exposition limitée au soleil peuvent justifier une supplémentation, uniquement sur avis médical. D’autres nutriments (protéines, magnésium, vitamine K ou certains oligoéléments) contribuent également à la solidité de l’os. Un apport suffisant via l’alimentation est généralement privilégié, mais des compléments peuvent être envisagés.
Il est à noter que les traitements et compléments ne sont efficaces que s’ils s’intègrent dans une stratégie globale de prévention associant activité physique, alimentation adaptée, prévention des chutes et suivi médical régulier.
Quel rôle peuvent jouer les proches et aidants au quotidien ?
Le rôle des proches et des aidants est souvent déterminant. Sans se substituer aux professionnels de santé, ils peuvent contribuer au quotidien à préserver la santé osseuse, la sécurité et l’autonomie des seniors concernés.
Les proches peuvent soutenir la mise en place d’une routine bénéfique : encourager une activité physique régulière et adaptée, accompagner lors de promenades, rappeler l’importance d’une alimentation équilibrée riche en calcium, vitamine D et protéines. Cet accompagnement, lorsqu’il est bienveillant et non contraignant, favorise l’adhésion dans la durée.
Par ailleurs, les aidants jouent un rôle clé en aidant à sécuriser l’environnement : améliorer l’éclairage, retirer les obstacles, installer des barres d’appui si nécessaire, vérifier l’état des chaussures. Une vigilance accrue permet de réduire significativement le risque de fracture, même en cas d’ostéopénie modérée.
Les proches peuvent aussi faciliter le suivi médical : aider à la prise de rendez-vous, accompagner aux consultations, veiller à la bonne prise des médicaments ou compléments prescrits. Leur présence permet souvent de mieux comprendre les recommandations médicales et d’alerter en cas de changement de l’état de santé.
L’ostéopénie peut susciter des inquiétudes, notamment la peur de tomber ou de perdre son autonomie. Le soutien moral des proches est essentiel pour éviter le repli sur soi, maintenir la confiance et encourager une vie active. Un climat rassurant contribue à préserver la qualité de vie et l’équilibre psychologique.
Enfin, le rôle des aidants consiste aussi à trouver le juste équilibre entre vigilance et respect de l’autonomie. Informer, accompagner et soutenir sans surprotéger permet au senior de rester acteur de sa santé et de ses choix.
Dès 65 ans, pensez à demander un bilan de densité osseuse à votre médecin, surtout en cas de chute récente, de douleurs vertébrales ou d’antécédents familiaux. Un diagnostic précoce de l’ostéopénie permet de mettre en place des mesures simples pour préserver la solidité des os et éviter l’évolution vers l’ostéoporose.
Sources externes :
Foire aux questions
Oui, l’ostéopénie peut évoluer vers l’ostéoporose, mais ce n’est ni systématique ni inévitable. Cette évolution dépend de nombreux facteurs : âge, sexe, antécédents médicaux, mode de vie et prise en charge.
La perte de densité osseuse débute généralement dès l’âge de 40 à 50 ans.
Bien que souvent associée aux femmes après la ménopause, la perte osseuse touche également les hommes âgés, notamment après 70 ans. Le risque est parfois sous-estimé, ce qui peut retarder le diagnostic et la prise en charge.
Oui, et c’est même recommandé. L’activité physique adaptée, sous supervision si besoin, renforce les os et les muscles, et prévient les chutes.
L’alimentation seule ne permet pas d’inverser complètement une ostéopénie, mais elle peut freiner son évolution et améliorer la santé osseuse.
Non, l’ostéopénie est le plus souvent indolore. Les douleurs apparaissent généralement en cas de fractures ou de tassements vertébraux associés à une ostéoporose évoluée.




