Tout savoir sur l’insuffisance rénale : prévention et prise en charge
Santé des seniors

Insuffisance rénale : causes, symptômes et traitements

EN RÉSUMÉ :

  • L’insuffisance rénale se présente comme la perte de capacité des reins à filtrer le sang et à évacuer les déchets.
  • Les principales causes identifiées sont : le diabète, l’hypertension, les maladies glomérulaires, le vieillissement.
  • Les symptômes, souvent discrets au début, sont : de la fatigue, des troubles urinaires, des œdèmes, des anomalies dans le sang.
  • Le diagnostic repose sur : un examen clinique, des analyses sanguine et urinaire, des imageries médicales.
  • Les traitements vont de la prévention, à la dialyse et à la greffe.

Qu’elle soit aiguë ou chronique, l’insuffisance rénale est une pathologie grave qui affecte la fonction des reins.

Elle se traduit par une incapacité des reins à :

  • filtrer correctement le sang,
  • éliminer les déchets du métabolisme,
  • réguler l’eau et les sels minéraux,
  • maintenir un bon équilibre physiologique dans l’organisme.

Comprendre les causes, les symptômes, les stades, le diagnostic, les traitements, et savoir quand s’orienter vers des soins spécialisés, peut faire toute la différence pour ralentir l’évolution, réduire les complications et préserver la qualité de vie. 

Dans cet article, Cette Famille, entreprise de l’économie sociale et solidaire spécialisée dans l’accueil familial et les colocations seniors, vous guide pour mieux appréhender cette maladie, et vous doter des outils pour l’accompagner au mieux.

Insuffisance rénale : définition

Elle désigne une perte partielle ou totale de la capacité des reins à assurer leurs fonctions habituelles :

  • filtration glomérulaire : capacité des reins à « nettoyer » le sang et à éliminer ce dont le corps n’a pas besoin comme l’urée, la créatinine et l’acide urique ;
  • maintien de l’équilibre hydrique et électrolytique ;
    • les électrolytes sont des minéraux (potassium, sodium, phosphore, calcium…) présents dans le sang, les liquides et les cellules de notre corps dont le rôle principal est de maintenir l’équilibre hydrique (quantité d’eau dans et hors des cellules), le bon fonctionnement des nerfs et muscles (notamment le cœur), l’équilibre acido-basique (pH du corps).
  • régulation de la pression artérielle (force du sang pompé par le cœur sur les vaisseaux sanguins) ;
  • production de certaines hormones (vitamine D, érythropoïétine…) qui participent à maintenir l’équilibre physiologique ;
    • l’érythropoïétine est une hormone clé qui régule la production des globules rouges et l’adaptation de l’organisme au manque d’oxygène ;
    • la vitamine D est fabriquée par la peau sous l’action du soleil (UVB). Elle peut aussi venir de l’alimentation. Elle sert surtout à fixer le calcium sur les os, mais elle a aussi un rôle plus large sur l’immunité, les muscles et potentiellement la santé cardiovasculaire.

On en distingue deux formes principales :

  • Insuffisance rénale aiguë (IRA) : installation rapide (quelques heures à quelques jours), souvent réversible si traitée vite (déshydratation sévère, obstruction des voies urinaires, intoxication, choc…).
  • Insuffisance rénale chronique (IRC) : détérioration progressive, sur plusieurs mois ou années, et irréversible, souvent silencieuse au début. Due à des maladies comme le diabète, l’hypertension artérielle et certaines maladies rénales (glomérulinéphrites, polykose rénale…), elle peut aboutir à un stade terminal nécessitant dyalise ou transplantation rénale. La pathologie dite « chronique » se définit par une diminution durable de la fonction du rein qui perturbe la capacité à filtrer correctement le sang de l’organisme.

Causes de l’insuffisance rénale : les facteurs à risque

Elle peut provenir de différentes causes : plusieurs pathologies chroniques peuvent en être à l’origine mais également le processus naturel de la vieillesse.

Maladies chroniques et insuffisance rénale

Plusieurs maladies chroniques sont des causes majeures de cette pathologie :

  • Diabète (excès de sucre dans le sang) : une hyperglycémie persistante endommage les glomérules et favorise la néphropathie (atteinte des vaisseaux rénaux) ;
  • Hypertension artérielle : tension élevée et non contrôlée qui abîme les petites artères du rein et altère les fonctions glomérulaires ;
  • Maladies glomérulaires : glomérulonéphrites (affection du rein due à une atteinte inflammatoire des glomérules), maladies auto-immunes (lupus, vascularites : inflammation des vaisseaux sanguins) ;
  • Maladies génétiques, comme la polykystose du rein (maladie rénale chronique héréditaire caractérisée par le développement progressif de nombreux kystes remplis de liquide dans les deux reins) ;
  • Obésité, hypercholestérolémie (augmentation du taux de cholestérol dans le sang), dysfonctionnements cardiovasculaires : ils accroissent le travail des reins.

L’impact du vieillissement sur la fonction rénale

Le vieillissement provoque un effet immédiat sur l’organisme :

Le vieillissement est un facteur non pathologique mais déterminant sur la dégradation de la fonction du rein :

  • diminution naturelle du débit de filtration glomérulaire (DFG) ;
  • réduction du nombre de néphrons (permettant l’urine) fonctionnels ;
  • moins bonne tolérance aux médicaments, aux toxiques, aux déséquilibres hydriques ;
  • comorbidités plus fréquentes : diabète, hypertension, pathologies cardiovasculaires.

Le saviez-vous  ?

D’après le réseau France REIN (Réseau Épidémiologie Information Néphrologie), 7 à 10 % de la population française présenterait une atteinte rénale (degré variable) et près de 90 000 personnes seraient en insuffisance rénale terminale prises en charge (dialyse ou greffe).

 

Comment reconnaître les symptômes d’une insuffisance rénale chronique ou aiguë ?

Les symptômes varient selon le stade (IRC ou IRA) et la gravité.

Lorsqu’elle est chronique, on retrouve les signes suivants :

  • fatigue, faiblesse, perte d’appétit, perte de poids ;
  • troubles urinaires : volume d’urines diminué ou augmenté, urines mousseuses (protéinurie), parfois sang dans les urines (hématurie) ;
  • œdèmes (chevilles, jambes, paupières) dus à la rétention d’eau ;
  • hypertension artérielle ou augmentation de la tension déjà existante ;
  • nausées, vomissements, démangeaisons, mauvais goût dans la bouche, troubles du sommeil, somnolence.

Lorsqu’elle est dite aiguë, on retrouve les signes suivants :

  • baisse brutale du volume urinaire,
  • déséquilibres électrolytiques sévères,
  • modifications métaboliques visibles dans le sang (créatinine, urée très élevées).

Les symptômes cliniques n’apparaissent souvent que lorsque la fonction est déjà très diminuée, ce qui rend la maladie difficilement décelable en amont.

Comment est diagnostiquée une insuffisance rénale ?

Le diagnostic comprend plusieurs volets :

  • examen clinique : antécédents (diabète, hypertension), médicamentation, symptômes du patient ;
  • analyses sanguines : dosage de la créatinine (déchet), de l’urée (produit de la dégradation des protéines, éliminé par l’urine), calcul du débit de filtration glomérulaire (DFG) ;
  • analyse des urines : recherche d’une présence anormale de protéines (protéinurie, albuminurie) ou de sang dans les urines, évaluation du débit urinaire ;
  • imagerie médicale : échographie rénale, scanner, parfois IRM, pour voir la taille, la forme des reins, la présence de kystes ou d’une obstruction (calculs, tumeur…) ;
  • biopsie rénale : prélèvement d’un fragment de tissu pour un examen microscopique pour analyse.

En pratique, on diagnostique une IRC lorsque le DFG est inférieur à 60 mL/min/1,73 m2 et/ou quand il existe des anomalies urinaires (protéinurie, hématurie) ou morphologiques (imagerie) persistant plus de 3 mois.

Il existe 5 stades principaux à l’insuffisance rénale chronique, classés selon le DFG :

Stades DFG (mL/min/1,73 m²) Description  Conséquences cliniques
1 ≥ 90 (avec anomalies urinaires ou morphologiques)  Fonction rénale normale ou légèrement diminuée mais avec signes d’atteinte rénale (protéinurie, hématurie, anomalies à l’échographie). Souvent silencieux, découvert par analyses.
2 60 – 89 Atteinte rénale légère Pas de symptômes, parfois hypertension ou anomalies urinaires.
3a 45 – 59 Insuffisance rénale modérée  Fatigue, anémie débutante, hypertension possible.
3b 30 – 44 Insuffisance rénale modérée à sévère. Apparition plus nette de complications (anémie, troubles osseux, déséquilibre électrolytique). 
4 15 – 29 Insuffisance rénale sévère Symptômes évidents : fatigue, nausées, démangeaisons, surcharge en eau, troubles osseux et minéraux. Préparation à dialyse ou greffe.
5 < 15 (ou dialyse) Insuffisance rénale terminale. Fonction rénale quasi absente. Dialyse ou transplantation nécessaires.

Soigner une insuffisance rénale : traitements et prévention

L’accompagnement familial, les soins spécialisés et la prévention par des habitudes de vie saines jouent un rôle essentiel pour ralentir la progression et améliorer la qualité de vie.

Prévenir l’insuffisance rénale : conseils et habitudes de vie

Comme pour toute pathologie, il est conseillé d’adopter des méthodes alimentaires et une hygiène de vie saines telles que :

  • Contrôle strict du diabète (glycémie) et de l’hypertension artérielle ;
  • Régime adapté : alimentation saine (limitation des sels, protéines modérées selon le stade, surveillance des apports en potassium, phosphore) ;
  • Hydratation suffisante, éviter la déshydratation (et à l’inverse, limiter l’eau en cas d’œdèmes) ;
  • Activité physique régulière, maintien d’un poids sain ;
  • Arrêt de substances telles que le tabac et l’alcool ;
  • Éviter les médicaments néphrotoxiques (créant des lésions sur le rein) quand c’est possible ;
  • Suivi médical régulier : dépistage chez les personnes à risque.

Dialyse : un traitement courant pour l’insuffisance rénale

Lorsque la fonction du rein est trop faible, il est nécessaire de recourir à des processus artificiels pour éliminer les déchets et liquides en excès. On appelle ce processus : dialyse.

  • Hémodialyse : filtration du sang via une machine, plusieurs fois par semaine, souvent en hôpital ou centre spécialisé.
  • Dialyse péritonéale : utilisation de la membrane péritonéale dans l’abdomen comme filtre. Elle peut être faite à domicile.

La dialyse compense partiellement la perte de filtration, élimine les déchets, régule l’eau, mais présente des contraintes (fréquence, effets sur la fatigue, sur les voyages, etc.).

Transplantation rénale : quand envisager une greffe ?

Lorsque la situation du patient est trop critique, il peut être strictement nécessaire de recourir à l’intervention de la chirurgie.

La transplantation est un procédé de chirurgie visant à greffer le rein d’une personne donneuse (décédée) à une personne receveuse (vivante) lorsque le rein de cette dernière n’est plus fonctionnel.

Cette situation ne peut intervenir que dans les conditions suivantes :

  • En stade terminal (stade 5 de l’IRC), lorsque le débit de filtration glomérulaire est inférieur à 15 mL/min/1,73 m².
  • Le patient présente des symptômes d’insuffisance rénale sévère (fatigue extrême, troubles digestifs, surcharge en eau, désordre électrolytiques, anémie sévère…).
  • Lorsque l’on souhaite éviter ou interrompre la dialyse : parfois la greffe est planifiée avant le démarrage de la dialyse. On parle alors de greffe préemptive. 

La greffe est proposée au candidat après un examen de la compatibilité, de la condition générale du patient, des comorbidités, de l’état cardio-vasculaire.

Les conditions à remplir pour être candidat à une greffe sont les suivantes : 

  • Être en bonne condition générale (pas de maladie grave contre-indiquant une chirurgie lourde).
  • Ne pas avoir d’infection active ni de cancer évolutif.
  • Avoir la capacité à suivre un traitement immunosuppresseur à vie (médicaments anti-rejet)/

Après la greffe, le patient prendra donc des immunosuppresseurs pour éviter le rejet et bénéficiera d’un suivi à vie des infections et des effets secondaires potentiels post-opération.

LE CONSEIL CETTE FAMILLE

Face à l’insuffisance rénale, la prévention et le suivi médical régulier sont essentiels. Si vous ou un proche présentez des facteurs de risque comme le diabète, l’hypertension ou une pathologie cardiovasculaire, n’attendez pas l’apparition des symptômes : un dépistage précoce par une simple prise de sang et une analyse d’urine peut faire toute la différence. Adopter une alimentation équilibrée, limiter le sel, rester bien hydraté et maintenir une activité physique adaptée (gym douce, marche, yoga…) sont autant de gestes qui contribuent à préserver la fonction rénale et à améliorer la qualité de vie au quotidien.

FAQ

Des interrogations demeurent ? CetteFamille vous répond.

Quand faut-il consulter un médecin pour une insuffisance rénale ?

Il est conseillé de consulter dès l’apparition de symptômes persistants comme :

  • fatigue inexpliquée,
  • troubles urinaires,
  • œdèmes,
  • perte d’appétit,
  • nausées,
  • hypertension mal contrôlée,
  • si vous avez des souffrances chroniques (diabète, hypertension),
  • si vous avez antécédents familiaux,
  • si vous prenez des médicaments potentiellement toxiques pour les reins.

Peut-on vivre longtemps avec l’insuffisance rénale ?

Oui. Beaucoup de personnes vivent de nombreuses années, même atteintes d’un dysfonctionnement chronique et particulièrement :

  • si la pathologie est découverte tôt ;
  • si les soins sont bien suivis (traitements, dialyse ou greffe si nécessaire) ;
  • si on adopte de bonnes habitudes de vie.

L’insuffisance rénale peut-elle entraîner le décès ?

Oui. Elle peut conduire au décès, notamment :

  • si elle atteint le stade terminal sans traitement de suppléance ;
  • en cas de complications majeures (cardiovasculaires, infections graves, déséquilibre électrolytique).

Cependant, les progrès en néphrologie (spécialité médicale qui s’occupe des maladies des reins et de leur prise en charge), les traitements, la greffe, et une meilleure prévention améliorent d’années en années le pronostic.

 

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Sources externes :

Insuffisance rénale : décrypter les mécanismes de destruction du rein

Maladie rénale chronique et insuffisance rénale chronique : définition et causes

Maladie rénale chronique

Dépistage, symptômes, diagnostic et évolution de la maladie rénale chronique

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