• L’hypernatrémie correspond à une natrémie supérieure à 145 mmol/L.
• Elle résulte généralement d’une perte d’eau plus importante que les apports.
• Les personnes âgées sont particulièrement vulnérables.
• Une réhydratation précoce permet souvent d’éviter les complications.
• La prévention repose principalement sur une bonne hydratation quotidienne.
L’hypernatrémie est un trouble fréquent chez les personnes âgées, souvent associé à une déshydratation et à un déficit hydrique. Elle correspond à une augmentation anormale de la concentration de sodium dans le sang.
Bien que ce déséquilibre puisse concerner des patients de tout âge, il est particulièrement fréquent chez le senior en raison de la diminution de la sensation de soif et de certaines pathologies chroniques.
Mieux comprendre les mécanismes de l’hypernatrémie permet d’agir rapidement et de limiter les risques pour la santé.
Dans cet article, CetteFamille, entreprise de l’économie sociale et solidaire spécialisée dans l’accueil familial et l’habitat partagé pour seniors, vous résume l’essentiel à savoir.
Qu’est-ce que l’hypernatrémie ?
L’hypernatrémie correspond à une quantité trop importante de sodium dans le sang. Les médecins parlent d’hypernatrémie lorsque le taux de sodium dépasse 145 mmol/L.
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce problème n’est généralement pas causé par une consommation excessive de sel. Dans la plupart des cas, il apparaît surtout lorsque l’organisme manque d’eau. Quand une personne ne boit pas suffisamment ou perd beaucoup de liquide, le sodium devient plus concentré dans le sang.
Pour rétablir l’équilibre, l’eau présente dans les cellules a tendance à se déplacer vers le sang. Les cellules se retrouvent alors moins bien hydratées. Cette déshydratation cellulaire peut perturber le fonctionnement de certains organes, en particulier celui du cerveau.
Quelles sont les causes de l’hypernatrémie chez le senior ?
Les causes de l’hypernatrémie sont nombreuses, mais elles reposent presque toujours sur un déséquilibre entre les pertes d’eau et les apports hydriques.
Parmi les principales causes observées chez les personnes âgées :
- Diminution de la sensation de soif : avec l’avancée en âge, le système de régulation de la soif devient moins efficace. Les seniors ressentent moins le besoin de boire, même lorsque leur organisme manque d’eau.
- Déshydratation liée aux maladies aiguës : une fièvre, une infection, des diarrhées ou des vomissements peuvent entraîner des pertes hydriques importantes.
- Pertes rénales : certaines maladies rénales ou certains traitements augmentent l’élimination de liquide par les reins. Les diurétiques, fréquemment prescrits chez les patients souffrant d’hypertension ou d’insuffisance cardiaque, peuvent favoriser une perte excessive d’eau.
- Diabète insipide : le diabète insipide est une affection particulière caractérisée par une incapacité à concentrer correctement les urines. Il provoque des pertes hydriques importantes et constitue une cause classique d’hypernatrémie.
- Causes extra rénales : les pertes extra rénales comprennent notamment les diarrhées, les vomissements, une transpiration excessive, certaines brûlures étendues.
- Troubles cognitifs : les patients présentant une maladie d’Alzheimer ou d’autres troubles cognitifs peuvent oublier de boire ou ne pas être capables d’exprimer leur soif.
Le corps humain contient environ 60 % d’eau. Avec l’avancée en âge, cette proportion diminue progressivement et les mécanismes de régulation de l’hydratation deviennent moins efficaces. Les personnes âgées présentent ainsi un risque accru de déshydratation, notamment en cas de fortes chaleurs, de maladie ou d’apports en eau insuffisants. Cette vulnérabilité favorise l’apparition de troubles comme l’hypernatrémie.
Comment reconnaître les symptômes de l’hypernatrémie ?
Les symptômes dépendent du taux de sodium et de la rapidité d’installation du trouble.
Les premiers signes sont souvent discrets :
- soif intense ;
- bouche sèche ;
- fatigue inhabituelle ;
- diminution de la quantité d’urines ;
- perte de poids rapide liée à la déshydratation.
Lorsque l’hypernatrémie s’aggrave, peuvent apparaître :
- confusion ;
- troubles de l’attention ;
- agitation notamment vespérale ;
- somnolence ;
- faiblesse musculaire.
Dans les formes sévères, la déshydratation cellulaire cérébrale peut entraîner :
- convulsions ;
- coma ;
- troubles neurologiques graves.
Quels sont les risques liés à l’hypernatrémie chez la personne âgée ?
L’hypernatrémie n’est jamais anodine chez le senior.
La déshydratation intracellulaire peut affecter de nombreux organes, en particulier le cerveau. Les conséquences sont d’autant plus importantes que les patients âgés disposent de moins de réserves hydriques.
Les principaux risques sont :
- aggravation de la déshydratation ;
- chutes liées à la faiblesse ou à la confusion ;
- altération des fonctions cognitives ;
- insuffisance rénale aiguë ;
- hospitalisation ;
- augmentation de la mortalité chez les patients fragiles.
L’hypernatrémie est souvent associée à d’autres pathologies chroniques, ce qui complique sa prise en charge.
Comment réagir en cas d’hypernatrémie chez un senior ?
La prise en charge dépend de la gravité du trouble et de sa cause.
Une évaluation médicale est indispensable afin de déterminer :
- le taux exact de natrémie ;
- l’osmolalité sanguine, c’est-à-dire la concentration des substances dissoutes (comme le sodium, le glucose ou l’urée) dans le sang ;
- le volume de liquide perdu ;
- la fonction rénale ;
- les éventuelles causes sous-jacentes.
Le traitement repose principalement sur la réhydratation. Lorsque l’état du patient le permet, l’augmentation des apports en eau par voie orale est privilégiée. Dans les situations plus sévères, une réhydratation intraveineuse peut être nécessaire.
La correction doit toujours être progressive. Les médecins utilisent parfois une formule spécifique permettant d’estimer le déficit hydrique total et la quantité de liquide à administrer.
Pour limiter le risque et prévenir l’hypernatrémie au quotidien, il convient de :
- proposer régulièrement à boire sans attendre l’apparition de la soif ;
- répartir les apports hydriques sur toute la journée ;
- surveiller l’alimentation et le poids ;
- adapter l’hydratation en cas de chaleur ;
- être attentif aux traitements diurétiques ;
- consulter rapidement en cas de diarrhée ou de vomissements.
Chez une personne âgée, un changement brutal du comportement, une confusion inhabituelle, une désorientation soudaine ou une somnolence excessive doivent conduire à consulter rapidement un professionnel de santé. Ces manifestations peuvent être les premiers signes d’une déshydratation importante ou d’un déséquilibre de la natrémie nécessitant une prise en charge médicale. Une intervention précoce permet souvent d’éviter l’aggravation des symptômes et de réduire le risque de complications neurologiques ou rénales.
Sources externes :
Hypernatrémie (taux élevé de sodium dans le sang)
Foire aux questions
Des interrogations subsistent ? CetteFamille répond à vos questions.
Les recommandations varient selon l’état de santé, le poids et l’activité physique.
En règle générale, un senior devrait consommer entre 1,5 et 2 litres d’eau par jour, en tenant compte des boissons et de l’eau apportée par les aliments.
Cette quantité peut être augmentée en période de chaleur, de fièvre ou lors d’une activité physique.
Les aliments riches en eau participent à une bonne hydratation :
concombre ;
tomate ;
courgette ;
melon ;
pastèque ;
agrumes ;
soupes et potages.
Ils complètent efficacement les apports hydriques quotidiens.
L’hypernatrémie correspond à une concentration excessive de sodium dans le sang.
L’hyponatrémie correspond au phénomène inverse : une concentration trop faible de sodium.
Ces deux troubles de la natrémie peuvent provoquer des symptômes neurologiques et nécessitent une prise en charge adaptée.
Chez les patients présentant des troubles cognitifs, il est conseillé :
de proposer de l’eau à intervalles réguliers ;
d’utiliser des contenants faciles à manipuler ;
de surveiller le poids ;
d’observer la couleur des urines ;
de mettre en place un suivi des quantités bues.
L’aide des proches ou des aidants est souvent essentielle.
Oui. Le café, le thé, les tisanes, le lait et les soupes contribuent aux apports hydriques quotidiens.
Cependant, l’eau reste la boisson de référence pour maintenir une hydratation optimale et prévenir les risques de déshydratation associés à l’hypernatrémie.




