• La clairance de la créatinine permet d’évaluer la capacité des reins à filtrer les déchets et à détecter précocement une insuffisance rénale.
• Chez les personnes âgées, ce test est essentiel, car la fonction rénale diminue naturellement avec l’âge, souvent sans symptôme.
• Il peut être mesuré par prise de sang simple ou, plus précisément, par un recueil d’urines sur 24 heures.
• Une clairance basse nécessite une surveillance médicale régulière et une adaptation des traitements.
• Une bonne hydratation, une alimentation équilibrée et la limitation de certains médicaments peuvent ralentir la dégradation de la fonction rénale.
Avec l’âge, le fonctionnement des reins peut progressivement s’altérer sans provoquer de symptômes visibles. Pourtant, une détection précoce d’un déclin de la fonction rénale permet d’agir à temps. La clairance de la créatinine est l’un des tests les plus utilisés pour évaluer cette fonction.
En quoi consiste-t-elle ? Pourquoi est-elle si importante après 60 ans ? Et comment surveiller efficacement ses reins au fil des années ? Cet article de CetteFamille, entreprise de l’économie sociale et solidaire spécialisée dans les colocations seniors et l’habitat partagé, vous éclaire.
Qu’est-ce que la clairance de la créatinine ?
La créatinine est une substance produite par les muscles, issue du métabolisme musculaire. Elle est libérée dans le sang, puis éliminée par les reins dans les urines.
La clairance de la créatinine correspond à la quantité de sang que les reins sont capables de filtrer par minute, afin d’éliminer cette substance. Elle reflète donc directement la fonction rénale et le débit de filtration glomérulaire (DFG).
Une clairance normale indique que les reins fonctionnent bien. En revanche, une clairance diminuée peut signaler une insuffisance rénale, même débutante.
Contrairement à un simple dosage sanguin de la créatininémie, la clairance permet une évaluation plus fine et plus fiable de la capacité réelle des reins à filtrer le sang.
Pourquoi ce test est-il particulièrement important chez les personnes âgées ?
Chez les seniors, plusieurs phénomènes se combinent :
- la diminution progressive du débit de filtration glomérulaire liée à l’âge ;
- la perte de masse musculaire (voire sarcopénie), qui peut masquer une insuffisance rénale si l’on se base uniquement sur la créatinine sanguine ;
- la prise fréquente de médicaments, dont beaucoup sont éliminés par les reins.
Mesurer la clairance de la créatinine permet donc de :
- détecter précocement une insuffisance rénale chronique ;
- adapter les traitements et les posologies ;
- prévenir les effets indésirables médicamenteux ;
- surveiller l’évolution de certaines maladies rénales ou générales (diabète, hypertension).
Ce test est un examen de routine essentiel après 60–65 ans, en particulier chez les personnes polypathologiques ou sous traitement au long cours.
Comment mesure-t-on la clairance de la créatinine ?
La clairance de la créatinine peut être mesurée ou estimée selon deux approches principales, toutes deux utilisées pour évaluer la fonction rénale et le débit de filtration glomérulaire (DFG) :
- prise de sang ;
- recueil urinaire de 24 heures.
La clairance estimée à partir d’une prise de sang (DFG estimé) est aujourd’hui la méthode la plus couramment utilisée en pratique médicale. Elle repose sur un dosage sanguin de la créatinine (créatininémie), combiné à plusieurs données personnelles du patient : l’âge, le sexe, le poids, parfois la masse musculaire estimée.
À partir de ces éléments, le médecin applique une formule de calcul permettant d’estimer la clairance de la créatinine et le DFG.Les formules les plus utilisées sont :
- la formule de Cockcroft-Gault, largement utilisée chez les seniors pour adapter les doses de médicaments éliminés par les reins ;
- la formule MDRD, utilisée pour le dépistage et le suivi de l’insuffisance rénale chronique ;
- la formule CKD-EPI, aujourd’hui souvent privilégiée car plus précise, notamment lorsque la fonction rénale est proche de la normale. Elle est aujourd’hui souvent privilégiée pour une évaluation globale de la fonction rénale.
Cette méthode est simple, rapide et bien adaptée au suivi régulier de la santé rénale.
Dans certains cas particuliers, la clairance de la créatinine peut être mesurée de façon plus directe grâce à un recueil des urines sur 24 heures, permettant de mesurer la quantité de créatinine éliminée dans les urines, associé à un dosage sanguin de la créatinine.
Cette méthode fournit une mesure plus précise de la capacité de filtration des reins, mais elle est plus contraignante pour le patient. Elle est donc généralement réservée à des situations spécifiques : résultats sanguins discordants, masse musculaire atypique, suspicion de maladie rénale complexe.
Les résultats de la clairance de la créatinine sont exprimés en millilitres par minute (ml/min).
Chez l’adulte, une clairance :
- supérieure à 90 ml/min est considérée comme normale ;
- inférieure à 60 ml/min, de façon persistante, peut évoquer une insuffisance rénale chronique.
Chez les seniors, l’interprétation doit toujours être individualisée et réalisée par un médecin, en tenant compte de l’âge, des traitements et de l’évolution dans le temps.
Avec l’âge, la masse musculaire diminue naturellement, ce qui peut fausser l’interprétation du taux de créatinine dans le sang. Chez les seniors, un taux « normal » de créatinine peut masquer une fonction rénale affaiblie. C’est pourquoi on privilégie aujourd’hui le calcul de la clairance (ou du DFG estimé), qui prend en compte l’âge, le sexe et parfois le poids, pour une évaluation plus fiable de la santé rénale.
Quels sont les signes d’alerte d’une fonction rénale affaiblie ?
Une atteinte rénale peut rester longtemps asymptomatique. Cependant, certains symptômes doivent alerter :
- fatigue inhabituelle ;
- perte d’appétit ;
- œdèmes (gonflement des chevilles, des pieds) ;
- troubles urinaires (urines moins abondantes, plus foncées) ;
- augmentation de l’urée ou de la créatinine dans le sang ;
- troubles cognitifs ou confusion chez les personnes âgées.
Chez le senior, ces signes sont parfois attribués à tort au vieillissement, d’où l’intérêt d’un bilan rénal.
Quels sont les facteurs de risque d’insuffisance rénale chez les seniors ?
Les reins vieillissent naturellement, mais certains facteurs augmentent le risque de maladie rénale avec l’âge :
- hypertension artérielle ;
- diabète (type 1 ou 2) ;
- maladies cardiovasculaires ;
- déshydratation chronique ;
- infections urinaires fréquentes ;
- antécédents familiaux de pathologies rénales ;
- prise prolongée de certains médicaments (anti-inflammatoires, diurétiques, traitements néphrotoxiques) ;
- tabac.
La mesure régulière de la clairance permet d’anticiper les complications.
Comment prévenir ou ralentir la baisse de la clairance de la créatinine ?
Même si le vieillissement rénal est en partie physiologique, certaines mesures permettent de préserver la santé des reins :
- maintenir une hydratation suffisante (1,5 L d’eau par jour, sauf contre-indication médicale) ;
- surveiller la tension artérielle et la glycémie ;
- adapter les traitements médicamenteux à la fonction rénale ;
- éviter l’automédication, en particulier les anti-inflammatoires ;
- effectuer un suivi médical régulier, avec des examens biologiques adaptés ;
- faire surveiller régulièrement sa fonction rénale par prise de sang ;
- limiter le sel et les protéines animales en excès ;
- privilégier une alimentation équilibrée, riche en végétaux et pauvre en aliments ultra-transformés.
L’adoption de bonnes habitudes peut ralentir l’évolution d’une insuffisance rénale débutante et préserver une bonne qualité de vie.
Demandez à votre médecin un bilan rénal annuel incluant le calcul de la clairance de la créatinine, surtout après 60 ans ou en cas de diabète, d’hypertension ou de prise médicamenteuse au long cours. Mieux vaut détecter un début d’insuffisance rénale tôt, quand il est encore possible d’agir efficacement.
Sources externes :
Calculer la clairance de la créatinine
Présentation de l’insuffisance rénale
Foire aux questions
Des interrogations demeurent ? CetteFamille vous répond.
La créatinine est une molécule mesurée dans le sang, dont le taux varie en fonction de l’âge, du sexe et de la masse musculaire. La clairance de la créatinine, elle, estime la capacité des reins à éliminer cette substance. Elle donne une évaluation plus précise de la fonction rénale.
Chez les personnes âgées, le taux de créatinine sanguine dépend à la fois de la fonction rénale et de la masse musculaire.
Une créatinine basse est fréquente chez le senior et s’explique le plus souvent par une diminution de la masse musculaire. Elle ne reflète pas forcément une bonne filtration des reins et peut masquer une baisse du débit de filtration glomérulaire (DFG).
À l’inverse, une créatinine élevée peut indiquer une diminution de la fonction rénale, mais elle peut aussi être liée à une déshydratation, à une infection ou à la prise de certains médicaments. Dans tous les cas, le calcul de la clairance de la créatinine est indispensable pour interpréter correctement les résultats.
Oui, la mesure de la créatinine sanguine et le calcul du DFG sont pris en charge par l’Assurance Maladie, sur prescription médicale. Le recueil de 24 heures est également remboursé s’il est justifié.
Non, il n’est pas nécessaire d’être à jeun pour ce test. En revanche, il est recommandé d’éviter une activité physique intense avant la prise de sang, car cela peut fausser le taux de créatinine.
Chez un adulte en bonne santé, la clairance est généralement comprise entre 90 et 120 ml/min. À partir de 60 ml/min, on parle d’insuffisance rénale chronique modérée. Toutefois, une baisse légère peut être physiologique chez les personnes âgées.
Pas forcément. Chez les seniors, une clairance un peu inférieure à la norme peut être liée à l’âge. C’est l’évolution dans le temps, la présence de symptômes et le contexte clinique qui permettent de poser un diagnostic d’insuffisance rénale chronique.
Un suivi régulier avec son médecin traitant ou un néphrologue est essentiel. Il comprend souvent des bilans tous les 6 à 12 mois, selon la gravité, et peut inclure d’autres marqueurs comme l’urée, la protéinurie ou le potassium sanguin.




