L’embolie pulmonaire est une urgence médicale liée à l’obstruction d’une artère du poumon par un caillot.
Les personnes âgées sont plus à risque, notamment en cas d’immobilisation ou de maladies chroniques.
Les symptômes peuvent être brutaux ou trompeurs chez les seniors.
Une réaction rapide améliore nettement le pronostic.
Des mesures de prévention existent au quotidien.
Embolie pulmonaire : comprendre les signes chez les seniors
L’embolie pulmonaire est une affection grave, parfois difficile à reconnaître, en particulier chez les personnes âgées. Essoufflement soudain, fatigue inhabituelle, douleur thoracique ou malaise peuvent être les premiers signes d’alerte. Pourtant, chez les aînés, ces symptômes sont parfois discrets ou confondus avec d’autres problèmes de santé.
Ce guide, proposé par CetteFamille, entreprise de l’économie sociale et solidaire spécialisée dans l’accueil familial et les colocations pour seniors, a pour objectif de vous aider à mieux comprendre l’embolie pulmonaire, à en repérer les signes chez nos aînés et à savoir comment réagir pour renforcer leur sécurité au quotidien.
Qu’est-ce qu’une embolie pulmonaire ?
Une embolie pulmonaire est une urgence médicale grave qui survient lorsqu’un caillot sanguin obstrue brutalement une artère des poumons. Dans la majorité des cas, ce caillot ne se forme pas dans le poumon lui-même : il provient d’une veine profonde de la jambe (on parle alors de phlébite) et migre jusqu’aux poumons par la circulation sanguine.
Cette obstruction empêche le sang de se charger correctement en oxygène. Le cœur doit alors fournir un effort important pour maintenir la circulation, ce qui peut provoquer un essoufflement soudain, des douleurs thoraciques, voire un malaise grave. Sans prise en charge rapide, l’embolie pulmonaire peut engager le pronostic vital, en particulier chez les personnes âgées ou fragiles.
Pourquoi les personnes âgées sont-elles plus vulnérables ?
Les seniors présentent un risque accru d’embolie pulmonaire en raison de plusieurs facteurs qui s’additionnent avec l’âge.
D’abord, le vieillissement s’accompagne souvent d’une diminution de la mobilité. L’alitement, les hospitalisations, la sédentarité, la convalescence après une chute ou une chirurgie ralentissent la circulation sanguine dans les jambes, ce qui favorise la formation de caillots (phlébites), principale cause d’embolie pulmonaire.
Ensuite, les seniors sont plus fréquemment touchés par des maladies chroniques (insuffisance cardiaque, maladies respiratoires, cancers, troubles neurologiques) qui augmentent le risque de troubles de la coagulation.
Certains traitements médicamenteux (hormones, traitements prolongés) peuvent également favoriser la formation de caillots ou masquer les symptômes.
Enfin, chez les personnes âgées, les signes d’alerte sont parfois moins typiques ou plus discrets. L’embolie pulmonaire peut se manifester par une simple fatigue, une confusion ou une chute, retardant le diagnostic et la prise en charge.
Cette combinaison de facteurs explique pourquoi une vigilance accrue est essentielle chez les aînés, en particulier après une période d’immobilisation ou d’hospitalisation.
Quels sont les signes d’alerte à connaître absolument ?
Chez les personnes âgées, les signes d’une embolie pulmonaire peuvent être brutaux, mais aussi atypiques ou discrets. Il est essentiel de les reconnaître rapidement, car une prise en charge précoce peut être déterminante.
Les symptômes les plus fréquents
Les symptômes les plus fréquents sont :
- un essoufflement brutal ou inhabituel, même au repos,
- une douleur thoracique augmentée à l’inspiration,
- une fatigue intense et soudaine,
- une accélération du rythme cardiaque,
- une toux, parfois accompagnée de crachats sanglants.
Des signes parfois trompeurs chez les aînés
Chez les seniors, les symptômes peuvent être moins typiques :
- malaise, chute inexpliquée,
- confusion soudaine, agitation ou désorientation,
- dégradation rapide de l’état général,
- sensation d’angoisse ou d’oppression inexpliquée.
Ces signes peuvent être à tort attribués à l’âge ou à une autre pathologie, ce qui peut retarder le diagnostic.
Comment réagir face à une suspicion d’embolie pulmonaire ?
Une embolie pulmonaire est une urgence médicale. Face à des signes évocateurs, la rapidité et les bons réflexes peuvent faire la différence.
Les bons réflexes à adopter immédiatement
- Appelez les urgences sans attendre (15 ou 112). Décrivez précisément les symptômes et l’âge de la personne.
- Installez la personne au repos, de préférence en position semi-assise si elle est essoufflée.
- Rassurez-la et évitez tout effort : l’agitation peut aggraver l’essoufflement.
- Surveillez l’état général : respiration, conscience, pouls, douleur, couleur de la peau.
- Préparez les informations utiles pour les secours : antécédents (phlébite, cancer, chirurgie récente), traitements en cours (anticoagulants), allergies.
Ce qu’il ne faut surtout pas faire
Il ne faut surtout pas :
- Minimiser les symptômes ni attendre qu’ils passent.
- Faire marcher la personne ou la forcer à bouger.
- Donner de médicaments (antalgiques, aspirine, anticoagulants) sans avis médical.
- Conduire soi-même la personne aux urgences si l’état est instable.
Quels examens permettent de confirmer le diagnostic ?
Le diagnostic de l’embolie pulmonaire repose sur une combinaison d’examens réalisés en milieu hospitalier, afin de confirmer la présence d’un caillot et d’en évaluer la gravité. Aucun test isolé ne suffit à lui seul : c’est l’ensemble des résultats qui permet de poser le diagnostic.
Les examens concernés sont :
- Scanner thoracique avec injection (angioscanner) : c’est l’examen de référence. Il permet de visualiser directement les artères pulmonaires et de détecter la présence d’un caillot. Rapide et fiable, il est déterminant pour confirmer (ou exclure) une embolie pulmonaire et orienter la prise en charge.
- Analyses sanguines (dont les D-dimères) : un taux élevé de D-dimères suggère la présence d’un caillot, mais n’est pas spécifique. Chez les personnes âgées, ce test est surtout utile pour écarter une embolie pulmonaire lorsque le résultat est normal.
- Échographie cardiaque : elle permet d’apprécier le retentissement sur le cœur, notamment sur le ventricule droit. Elle est particulièrement utile dans les formes sévères ou en situation d’urgence.
- Échographie Doppler veineuse : cet examen recherche une phlébite des membres inférieurs, souvent à l’origine de l’embolie pulmonaire. La mise en évidence d’un caillot dans une veine profonde renforce fortement le diagnostic.
Ces examens permettent une confirmation rapide et fiable, essentielle pour débuter le traitement sans délai, en particulier chez les personnes âgées.
Quels traitements sont envisagés en cas d’embolie pulmonaire ?
Le traitement de l’embolie pulmonaire dépend de sa gravité, de l’état général du patient et de la présence éventuelle de facteurs de risque. Chez les personnes âgées, la prise en charge est toujours individualisée, en recherchant le meilleur équilibre entre efficacité et sécurité.
Dans la grande majorité des cas, le traitement repose sur des anticoagulants. Ils n’éliminent pas immédiatement le caillot, mais empêchent son extension et la formation de nouveaux caillots, laissant à l’organisme le temps de le résorber naturellement. Le traitement est débuté en urgence à l’hôpital, puis poursuivi pendant plusieurs mois, parfois plus longtemps selon la cause de l’embolie et le risque de récidive.
Si l’embolie entraîne un manque d’oxygène, une oxygénothérapie peut être mise en place. Une surveillance hospitalière est souvent nécessaire, surtout chez les seniors, afin de contrôler la respiration, la fréquence cardiaque et la tolérance du traitement.
Dans les formes sévères, lorsque l’embolie entraîne une défaillance cardiaque ou respiratoire, des traitements plus intensifs peuvent être envisagés :
- thrombolyse, un traitement visant à dissoudre rapidement le caillot,
- plus rarement, des techniques interventionnelles ou chirurgicales spécialisées.
Peut-on prévenir l’embolie pulmonaire chez les aînés ?
Oui, il est possible de réduire significativement le risque d’embolie pulmonaire chez les personnes âgées grâce à des mesures de prévention simples et adaptées, en particulier chez les seniors les plus exposés.
Les mesures à prendre au quotidien
La prévention repose avant tout sur l’amélioration de la circulation sanguine et la limitation des facteurs de risque :
- favoriser une mobilité régulière, même modérée (marche quotidienne, lever fréquent) ;
- éviter les périodes prolongées en position assise ou allongée ;
- veiller à une bonne hydratation, qui aide à prévenir l’épaississement du sang ;
- porter des bas de contention lorsqu’ils sont prescrits par un médecin ;
- respecter scrupuleusement les traitements anticoagulants lorsqu’ils sont indiqués.
Vigilance accrue après certaines situations
Le risque d’embolie pulmonaire est plus élevé dans certaines circonstances, qui nécessitent une attention particulière :
- après une hospitalisation, une chirurgie ou une fracture ;
- en cas d’immobilisation prolongée (alitement, convalescence) ;
- lors de longs trajets (voiture, train, avion) sans pauses régulières ;
- en présence de certaines maladies chroniques ou après une infection sévère.
Dans ces situations, le médecin peut recommander des mesures préventives renforcées, comme un traitement anticoagulant temporaire ou une surveillance accrue.
Chez les personnes âgées, l’embolie pulmonaire se manifeste fréquemment sans douleur thoracique typique. L’essoufflement soudain, la fatigue intense, la confusion ou une chute inexpliquée peuvent être les seuls signes visibles, ce qui explique pourquoi cette urgence médicale est parfois sous-diagnostiquée chez les seniors.
Quel rôle peuvent jouer les proches aidants ?
Les proches aidants occupent une place essentielle dans la prévention, le repérage et la prise en charge précoce de l’embolie pulmonaire chez les seniors. Leur présence au quotidien permet souvent de détecter des signaux faibles qui pourraient passer inaperçus.
Ils jouent d’abord un rôle clé dans la surveillance de l’état général. Un essoufflement inhabituel, une fatigue soudaine, une baisse d’énergie, une confusion ou une chute inexpliquée doivent alerter. En repérant rapidement ces changements, les aidants contribuent à un diagnostic plus précoce.
Les proches participent également à la prévention en encourageant la mobilité quotidienne, le respect des traitements prescrits (notamment anticoagulants) et le port des bas de contention lorsque ceux-ci sont indiqués et en veillant à prévenir la déshydratation. Leur soutien aide la personne âgée à maintenir des habitudes protectrices.
En cas de suspicion d’embolie pulmonaire, les proches aidants ont un rôle déterminant dans la prise en charge rapide du patient : contacter les urgences sans délai, transmettre les informations médicales essentielles et rassurer la personne jusqu’à l’arrivée des secours.
Enfin, ils facilitent le suivi médical après une hospitalisation.
Chez un proche âgé, tout changement brutal de l’état général doit être pris au sérieux, même en l’absence de douleur. Essoufflement inhabituel, fatigue soudaine, confusion ou chute ne sont jamais « juste liés à l’âge ».
En cas de doute, mieux vaut appeler les urgences sans attendre : une prise en charge précoce est déterminante pour la sécurité et la qualité de vie des aînés.
Sources externes :
Foire aux questions
Des interrogations subsistent ? CetteFamille répond à vos questions.
Non, l’embolie pulmonaire n’est pas toujours douloureuse. Si une douleur thoracique est un signe classique, elle peut être absente, surtout chez les personnes âgées.
Elle peut se manifester par des symptômes moins spécifiques comme un essoufflement soudain, une fatigue intense, de la confusion ou une chute inexpliquée. Ces formes dites atypiques peuvent retarder le diagnostic si l’on attend la douleur comme signe principal.
Non, une simple prise de sang ne permet pas à elle seule de diagnostiquer une embolie pulmonaire. Certaines analyses sanguines, notamment le dosage des D-dimères, peuvent orienter le médecin, mais elles ne suffisent pas pour confirmer la présence d’un caillot dans les poumons.
Le diagnostic repose toujours sur l’imagerie, en particulier le scanner thoracique avec injection, associé à l’évaluation clinique et aux autres examens complémentaires.
Dans la majorité des cas, l’embolie pulmonaire est liée à une phlébite des membres inférieurs, mais cette phlébite peut être passée inaperçue : elle est parfois peu douloureuse, atypique ou asymptomatique, surtout chez les personnes âgées.
Plus rarement, le caillot peut provenir d’autres veines (bassin, abdomen, bras) ou se former dans des contextes particuliers (cancer, immobilisation prolongée, troubles de la coagulation), sans signe évident préalable au niveau des jambes.
Oui, après un premier épisode, le risque de récidive existe, en particulier si la cause initiale n’a pas été clairement identifiée ou si les facteurs de risque persistent.
La prévention est essentielle : un suivi médical régulier, le respect du traitement prescrit, la mobilité quotidienne et la vigilance lors des périodes à risque permettent de réduire significativement le risque de récidive et de sécuriser le quotidien des aînés.
Oui. Après l’hospitalisation d’une personne âgée — notamment à la suite d’un événement grave comme une embolie pulmonaire — plusieurs aides peuvent être mobilisées pour soutenir les proches aidants et sécuriser le maintien à domicile du senior.
Sur le plan humain et organisationnel, des services d’aide à domicile peuvent être mis en place (aide pour la toilette, les repas, le ménage), ainsi que des services soins infirmiers à domicile (SSIAD) sur prescription médicale. Un service de retour à domicile peut aussi coordonner les premières semaines (rendez-vous, matériel, suivi).
Sur le plan financier et social, certaines aides peuvent contribuer au financement de ces dispositifs, selon la situation de la personne aidée :
l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) pour les personnes en perte d’autonomie,
la prestation de compensation du handicap (PCH) dans certains cas,
des aides des caisses de retraite ou des mutuelles,
le soutien du centre communal d’action sociale (CCAS).




